Le
pays d’art et d’histoire de Saint-Flour présente un patrimoine double :
patrimoine urbain de la ville-centre (cathédrale, hôtels particuliers),
et patrimoine rural des villages, marqué par une emprise forte du monde
paysan et des notes de rusticité extrême qui en font un exceptionnel
conservatoire de la ruralité.
Ordonnée
autour d’un riche patrimoine religieux, les villages déploient leurs
outils communautaires : four à pain, travail à ferrer, couderc, et leur
habitat particulier formé d’immenses granges-étables accolées aux
maisons.
La roche volcanique de la Planèze donne une âme
à ces bâtisses souvent ornées d’éléments sculptés relevant d’un art
populaire savoureux.
Le Couderc et ses aménagements
Au
centre des bourgs et hameaux s’étend le couderc, parcelle commune
herbeuse servant aujourd’hui de place publique. On y trouve encore le
traditionnel four à pain, composé d’un fournil et du four proprement
dit, ou « cuit-pain ». Couvert de lauzes ou parfois de tuiles rondes,
certains sont des chefs-d’œuvre de cette architecture modeste des
campagnes.
Les
voûtes, formées d’énormes dalles de basalte disposées en
encorbellement, donnent à ces monuments l’allure d’une grotte. Non
loin, le travail à ferrer rappelle que la traction animale n’est pas
d’un usage si ancien. Autres éléments caractéristiques du couderc :
l’abreuvoir et le lavoir taillés dans la pierre.
Des églises adaptées au pays
Modestes
par leurs dimensions, les églises du pays de Saint-Flour offrent une
grande variété et quelques éléments de décor remarquables. L’art roman
est représenté par l’église Saint-Gal de Roffiac, coiffée du
clocher-peigne, traidtionnel dans le Cantal, et ornée de chapiteaux
évocateurs : saint Michel terrassant le dragon, le supplice de la
luxurieuse. L’élégante église gothique de Villedieu, commencée en 1363,
vient astucieusement prolonger un clocher roman préservé, signe d’un
esprit conservateur…et pratique.
Une architecture vernaculaire richement décorée
L’habitat
traditionnel du Pays de Saint-Flour est caractérisé par les vastes
granges-étables directement accolées aux maisons d’habitation, ce qui
permettait de profiter de la chaleur animale durant l’hiver. Taillées
pour le froid et la neige, à des altitudes excédant souvent 900m. ces
bâtisses massives présentation jadis, en Planèze, des toits très pentus
de chaume (paille de seigle), aujourd’hui remplacés par la lauze ou
l’ardoise plus récente ; à l’est, les contreforts margeridiens ont
maintenu leurs toits plats de tuiles rondes.
L’appareillage
est particulièrement soigné pour les encadrements, où l’on a souvent
utilisé la lave de Bouzentès, encore exploitée. De
nombreux éléments de décor viennent personnaliser l’habitat paysan :
cadrans solaires et linteaux de porte, dont certains sont remarquables,
notamment autour de Tanavelle où travaillait, au début du XIXè siècle,
une famille d’habiles maîtres maçons, les Baduel, qui ont laissé leur
nom et leurs symboles sur une multitude de maisons construites à cette
époque. Il faut également mentionner l’existence de nombreuses croix de
chemin qui, pour la plupart, relèvent d’un art populaire aussi fruste
que pittoresque.
![]()
| ||||
![]()
| ||||
![]()
| ||||
| ||||